Route de la poutine

Route de poutine avec Kriss (1 de ?)

12/10/2015 12/10/2015 Par Kriss Commentaires 0 Commentaires
BarDeLo

La première poutine de ma première route de la poutine aura été celle de chez Sandra. Cette dernière est une petite roulotte sur le bord de la 73 à Scott, ville connue pour avoir donné son nom aux essuie-tout « Scott Towel » et où se situe le très prestigieux bar d’effeuilleuse le Bord de l’eau… qui est un bar, au bar de l’eau… qui est un peu un bordelo… Pour être honnête, j’ai une haine inexplicable envers les calembours, mais lorsqu’il s’agit du nom d’une institution ou les artisanes de la danse sacrent elles-mêmes les clients désagréables dehors à grand coup de poing derrière la tête, je ne peux qu’avoir du respect.

« Mais, où est donc Scott? », vous dites vous probablement, en tant qu’incultes géographiques accomplis. En généreux professeur, je vais vous partager mon infinie sagesse qui couvre des sujets aussi variés que faire des hiboux en macramé, comment compter des points aux quilles, quelle quantité de cire ça prend pour épiler un chameau, quels grands joueurs de mini-putt sont gaucher et bien sûr, toutes les nuances de lubrification des différentes huiles à chest.

Situé dans la nouvelle Beauce (Ah!! Une explication dans une explication!! La nouvelle Beauce, c’est la Beauce que les beaucerons qui ne sont pas de la nouvelle Beauce disent que c’est pas vraiment la Beauce. Du nord au sud, on parle de St-Lambert à Vallée Jonction (« Vallée Jonction?? Wtf?? » Je savais que vous diriez ça. Mais j’ai une critique de poutine à Vallée Jonction qui vous expliquera c’est où)), Scott est le très fleurissant village situé juste au nord de Ste-Marie de Beauce. Donc, si vous êtes sur le pont Pierre-Laporte en voiture, c’est environ à 20 minutes au sud. Si vous êtes sur le pont Pierre-Laporte à pied, sacrez votre camp ou sautez viarge!! Vous dérangez le trafic bâtard!!

Donc, en sortant de l’autoroute vous arrivez presque directement dans la somptueuse roulotte qui annonce 24 saveurs de crèmes glacées différentes. Comment ça 24? Vanille, chocolat… pis érable vu qu’on est en nouvelle Beauce. Mais c’est quoi l’reste? Double chocolat? Champignon? Bacon (malheureusement… non)? Sapin? Truite moucheté? Pneu en combustion? Djibou (c’est comme ça qu’on dit « hibou » en beauceron) en décomposition su’l’bord d’la 73? Tide à l’eau froide? Paix dans le monde?... J’irai pas jusqu’à 24 hypothèse, mais je doute fortement de leur variété.

Malheureusement, il n’y a pas d’abri pour manger la poutine. Que des tables à piquenique souillées de fientes de volatiles. S’il pleut, vous êtes pogné pour manger dans votre char. Ça m’a rappelé quand j’ai acheté mon char et que le vendeur voulait absolument me vendre un traitement antitache pour mes sièges. Malgré les mouvements de sourcils et les vas-et-viens de bassin qu’il me faisait, je ne comprenais pas pourquoi j’aurais besoin d’un traitement antitache. Voilà qu’aujourd’hui je sais… Manger une poutine chez Sandra un jour de pluie.

Nous inspectons rapidement le menu pour connaître les subtilités de ce fameux casse-croute. Honnêtement, rien de particulier à part quelque chose qui se nomme « futon ». Pour 5,50$, c’est vraiment pas cher. Je me disais que je pourrais changer le vieux futon taché dans mon sous-sol pour un tout neuf conçu directement par Sandra…. Mais malheureusement, ce n’était qu’une poutine aux saucisses à hot dog (qui elles, doivent être composée d’un certain pourcentage de futon).

Nous commandons la petite poutine. En l’attendant, la question qui me brulait les lèvres depuis mon arrivée à Scott (à part « À quelle heure ouvre le bord de l’eau » et « Quessé j’fous icite virage! ») sortie de ma bouche avec une grande désinvolture. « Mais qui est donc cette fameuse Sandra? ». Un peu embêtée, la petite serveuse m’avoua qu’elle savait qu’elle était la propriétaire originale, mais sans plus. Je lui demanda une anecdote ou un fait marquant parlant de Sandra, sinon je serais forcé d’en inventer un. Elle s’excusa, car elle n’avait rien à me donner. Alors, voici selon moi comment Sandra a ouvert son casse-croûte.

En 1766, une jeune demoiselle nommée Sandra se sauva des remparts de Québec (les murs là… pas l’équipe de hockey) après avoir été condamnée à mort pour avoir fait attendre son mari pendant qu’elle choisissait des chaussures à la Place du Laurier (Parfois, j’aimerais qu'on retourne au 18e siècle). Elle traversa à la nage le fleuve et courra jour et nuit, en longeant la rivière chaudière vers le sud, jusqu’à ce qu’elle tombe sur une bâtisse installée très proche du bord de l’eau. Ravie d’avoir trouvée cette demeure, elle cogna vigoureusement à la porte. Une jolie demoiselle peu vêtue lui ouvrit et vit notre petite Sandra en larme. Sandra lui expliqua son histoire et son hôtesse lui jura qu’elle sortirait du village elle-même les hommes qui voudraient la retourner subir ça peine de mort à grand coup de poing derrière la tête.

Sandra ne savait comment remercier sa nouvelle amie, mais elle avait un talent caché, elle savait cuisiner (ce qui était rare pour les femmes dans le temps). Suivant une inspiration spontanée, elle combina des patates en julienne frites dans le gras de porc à une sauce brune dégageant une odeur divine et y déposa quelques morceaux de fromage, les laissant fondre quelques instants. Un met divin était né : la poutine. Pour ne pas se faire persécuter à cause de cette découverte, Sandra inventa l’histoire disant qu’elle a volé la recette à quelqu’un de la région de Drummondville, 200 ans dans le futur.

Les habitants de West-Scott (qui devient Scott quand on se rendit compte que la ville n’était pas à l’ouest de quoique ce soit) érigèrent l’hôtel de ville à son nom, en son honneur; Chez Sandra, qui est maintenant le réputé casse-croûte. Depuis, la recette est perpétuée de génération en génération et c’est ce que nous avons mangé lors de notre dégustation.

Trève de contexte, parlons de la fameuse poutine. Servie dans un contenant à hot dog steamé la petite poutine était très appétissante. À noter qu’elle n’est pas particulièrement appétissante, mais je n’avais pris qu’un café depuis mon levé et on avait parlé de poutine le 30 dernières minutes, dans le trajet pour se rendre au casse-croûte. J’avais faim!

Une bouchée. Hmmmmm. Quand même bien balancée, la première chose que j’ai remarqué, ce sont les frites croustillantes. Pour être bien franc, pour moi, c’est un plus. En fait, des frites ça devrait toujours être croustillante. Probablement que j’ai eu des traumas d’enfance avec les super fries de McAine extra molle cuite au four par ma mère. À chaque fois que j’en mangeais une, j’avais l’impression de me mettre une dysfonction érectile dans la bouche. Pas ce problème chez Sandra.

Quantité suffisante de fromage et sauce au bon goût. Rien pour écrire au Pape, mais assez pour vivre une satisfaction à chacune de mes bouchées. Conclusion, cette poutine passe le test.

La poutine n’est pas assez exceptionnelle pour faire un détour, mais si vous êtes dans la région et que vous avez un creux après une randonnée de cheval, une visite des zones inondables de Scott ou s’être fait sortir d’un établissement à grand coup de poing derrière la tête, passez dire un beau bonjour à Sandra!

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